La dégustation

Goûter le vin, que me dit l’histoire ?

Il est important de goûter le vin, et au restaurant, c’est l’homme qui généralement s’y colle. Pourquoi me direz-vous ? Encore ces hommes qui croient avoir un meilleur palais que ces pauvres femmes ! Et bien non, vous avez tout faux. Il s’agit tout simplement d’un « sacrifice » puisque c’est à l’homme qu’incombe la lourde tâche de goûter le premier, dans le cas où le vin serait bouchonné. Il faut rappeler que le vin a obtenu ses lettres de noblesses au haut Moyen Âge, période ô combien chevaleresque.
Le remplissage du verre se fait généralement au 1/2 pour un vin rouge et au 1/3 pour un vin blanc. J’aurais même tendance à conseiller le 1/3 pour tous, cela permet en effet de pouvoir faire tourner le vin convenablement et aisément pour ainsi l’aérer et le déguster dans les meilleures conditions.

Dégustation

L’étape que vous attendiez avec impatience (on n’est pas là pour la regarder ta bouteille sacrebleu !). Nous en parlions ici, mais avant même de jeter vos lèvres assoiffées sur le doux breuvage, il est important de bien l’aérer. Une fois l’avoir fait tourner une ou deux fois dans votre verre, vous pouvez le sentir en approchant votre nez délicatement. Vous pouvez vous essayez à deviner certains des arômes présents dans le vin et travaillez votre odorat. Non seulement c’est ludique mais en plus vous apprenez à vous faire confiance, et non pas à croire le tout-venant ou le monsieur intéressant de la soirée (ça hume le vécu ici).
Ensuite, vous pouvez enfin vous adonner au plaisir léger de tremper vos lèvres dans le divin liquide. Mais attention, n’avalez pas tout de suite, malheureux ! Enfin c’est un conseil.
Non, laissez passer un filet d’air dans votre bouche pour aérer une dernière fois le vin, puis engloutissez sans vergogne la boisson sacrée. Tenter avec ou sans et vous serez bien vite convaincu par mes dires, foi d’ivrogne, enfin je veux dire d’amateur de vin.

Conseil

Il est très difficile au début de pouvoir différencier plusieurs rouges entre eux. Une fois n’est pas coutume, là encore, nous vous recommandons de prendre des notes à chacune de vos dégustations car vous allez tout oublier d’une bouteille à une autre.
Sur votre cahier intime donc, que la rédaction a appelé : “Comment une belle bouteille me séduit-elle ?”, vous pourrez y mettre tout votre jardin d’Eden.

Désormais, tentons de répondre à la question.

Oui tout d’abord, elle vous séduit à travers le jeu du regard. Comme précisé ici, un verre à pied si possible un peu replié sur lui-même au niveau du buvant/cheminée saura ravir la belle robe1 de Madame2. Vous la regardez, vous l’admirez, vous la contemplez. Sa forme se veut soit brillante, soit limpide, soit intense soit éclatante. Peu importe, elle vous a séduit dès le premier regard, vous êtes déjà sous son emprise.
La soirée ne fait que commencer. Elle vous invite désormais à humer son parfum exaltant. Sous les vapeurs, vous êtes perdu. Quel est ce parfum ? Boisé, minéral, végétal ? Elle se dévoile peu à peu à vous.
Arrive alors le moment tant attendu, euh pas si vite Coco. Le parfum de Madame n’a pas dit son dernier mot. Madame, aussi attentionnée soit elle, vous invite à nouveau à humer avec tendresse. C’est alors, après ce deuxième tour3, que la tête tourne, les arômes explosent à l’intérieur de vous et vous révèlent ainsi une partie de son caractère.
Maintenant vous pouvez y aller, vous déposez les lèvres soigneusement et délicatement au bon endroit et vous vous laissez guider. Alors, selon son caractère, vous allez sentir son corps4 ou bien, Madame sera plus sur la retenue5 et discrète pour plus de pudeur. Il faudra alors redoubler d’empathie pour déceler sa personnalité.

Une fois que vous avez fini de partager ce moment merveilleux, vous pouvez rouvrir les yeux, redescendre sur terre et remplir votre cahier intime pour la comparer à la prochaine bouteille. Oui, je l’avoue, dans le vin, la fidélité est compliquée.

La robe d’un vin désigne la couleur et l’aspect extérieur du vin.
Ici, Madame n’est autre que la bouteille, dans un soucis de simplification de la rédaction. En réalité, on parle de robe du vin et non pas de sa bouteille (NDLR).
Le 2ème nez accroît l’intensité aromatique en révélant davantage certaines nuances.
Du corps ou de la matière, pour un vin qui a du caractère.
C’est un vin léger et peu consistant.
Hein ? Il n’y a pas de 6 ! Bien vu. Juste pour vous dire que généralement, il faut aussi noter si un vin tient ou non en bouche. On parle alors de l’emprunte et le temps de mesure est la caudalie.

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